Dans un assemblage métallique, le rivet gagne sur les tôles minces, les corps creux et les pièces qui vibrent ; le boulon, vis et écrou, gagne dès qu'il faut démonter, contrôler ou monter sur chantier. Entre rivetage et boulonnage, ces trois questions tranchent le choix de la fixation.
Rivet et boulon partent du même geste : un trou traverse les pièces de métal à assembler. Le rivet, en acier ou en aluminium, se déforme pour remplir ce trou ; le boulon associe une vis et un écrou qui se serrent et se retirent. Un rivet bien formé et une vis bien serrée tiennent tous deux des charges élevées : la résistance brute ne départage donc pas le rivetage et le boulonnage. Ce qui les sépare, c'est la connexion des pièces, la cadence de montage, l'accès aux deux faces, le matériau et l'application. Ce comparatif utilise ces critères, puis détaille chaque type de rivet, chaque vis de boulon et leurs limites.
Ce qui sépare un rivet d'un boulon dans un assemblage métallique
Un rivet est une fixation permanente : une tige de métal munie d'une tête, glissée dans un trou, dont l'autre extrémité s'écrase pour former une seconde tête. Une fois refoulé, le corps du rivet gonfle et vient plaquer contre la paroi du perçage. Le démontage passe par la destruction du rivet, au foret ou à la meuleuse. La définition d'un boulon tient en deux pièces : une vis à tige filetée et un écrou, parfois complétés par une ou deux rondelles. Le boulon se démonte avec une clé, autant de fois que nécessaire, sans abîmer les pièces.
Le vocabulaire courant mélange souvent vis et boulon. Une vis se visse directement dans un taraudage ou dans la matière, sans écrou ; un boulon traverse les pièces et se bloque de l'autre côté par son écrou. Dans une charpente, on parle donc de boulonnage ; dans une tôlerie fine où la vis taraude la tôle, on parle de vissage. Pour la conception d'une structure, la distinction compte, car une vis autotaraudeuse dans une tôle de faible épaisseur ne transmet pas les mêmes efforts qu'un boulon traversant.
Dans le langage des ingénieurs, la vis du boulon désigne la partie filetée : vis à tête hexagonale pour la charpente, vis à tête fraisée pour un montage affleurant, vis à épaulement pour un axe d'articulation. La caractéristique qui compte en ingénierie mécanique reste la classe de la vis, gravée sur sa tête (8.8, 10.9), qui indique sa résistance à la traction et sa limite élastique. Une vis de classe 10.9 demande un écrou de classe compatible, faute de quoi le filet de l'écrou cède avant la vis.
Le rivetage regroupe plusieurs familles. Le rivet plein, refoulé au marteau, à la presse ou à la riveteuse, exige un accès aux deux faces. Le rivet aveugle, souvent appelé rivet pop du nom d'une marque devenue générique, se pose d'un seul côté : une tige centrale, le mandrin, traverse le corps creux du rivet, et l'outil la tire jusqu'à ce que le corps s'évase derrière la tôle, puis la tige casse. Les rivets aveugles structurels, plus récents, visent les assemblages porteurs et rivalisent avec certains boulons sur la tenue aux vibrations.
Comment chaque fixation transmet les efforts
Un rivet travaille d'abord en cisaillement. Les forces de cisaillement tendent à faire glisser une tôle sur l'autre, et le corps du rivet, qui remplit le trou, s'oppose à ce glissement en s'appuyant sur la paroi du perçage. Comme le rivet refoulé ne laisse presque aucun jeu, l'assemblage reste rigide dès la première charge, sans glissement initial. Le rivet supporte mal la traction le long de son axe : la tête formée à l'installation reste le point faible, et un effort qui cherche à séparer les tôles l'arrache plus facilement qu'un boulon.
Un boulon ordinaire travaille de la même façon en cisaillement, mais avec un jeu entre la tige et le trou. Sous charge, les pièces glissent de ce jeu avant que la tige ne porte, ce qui suffit dans la plupart des charpentes. Le boulon précontraint change la logique : serré à une force de serrage élevée et contrôlée, il plaque les pièces l'une contre l'autre, et c'est le frottement entre les surfaces qui transmet l'effort. Tant que la charge reste inférieure à ce frottement, rien ne glisse. Cette solution de fixation donne un assemblage rigide, comparable à un rivetage, avec la possibilité de démonter.
L'Eurocode 3, dans sa partie consacrée aux assemblages (NF EN 1993-1-8), classe les boulons par catégories selon leur mode de travail : en cisaillement simple, résistants au glissement en service ou à l'état limite ultime, ou sollicités en traction. Le bureau d'études choisit la catégorie selon la charge, la fatigue et la tolérance au glissement de l'ouvrage. Les boulons à haute résistance aptes à la précontrainte relèvent de la norme NF EN 14399, en classes 8.8 et 10.9. L'exécution, du perçage au serrage, suit la norme NF EN 1090-2.
Pour la traction pure, le boulon l'emporte nettement. Une pièce suspendue, une platine d'ancrage, un assemblage par platine d'about sur une poutre : partout où l'effort tire dans l'axe de la fixation, le filetage et l'écrou offrent une résistance que la tête d'un rivet n'atteint pas. Pour les tôles minces sollicitées en cisaillement, le rivet reprend l'avantage, parce qu'un boulon dans une tôle fine écrase la paroi de l'alésage et l'ovalise avant d'atteindre sa propre limite.
La différence de comportement mécanique entre les deux fixations tient dans une définition utile en ingénierie : le rivet transmet la force par contact avec la paroi, le boulon précontraint par frottement entre les pièces. Cette différence décide de la taille des fixations. À effort égal, un assemblage riveté en cisaillement demande souvent davantage de points de petite taille, répartis sur la tôle, quand un assemblage boulonné concentre l'effort sur quelques vis de plus grande taille. Les rivets offrent une répartition fine des contraintes sur un composant mince ; les boulons offrent un serrage solide sur un composant épais. Connecter deux tôles de 2 mm et connecter deux platines de 20 mm ne répondent donc pas au même besoin, et les travaux de recherche sur la fatigue des assemblages confirment cette répartition des rôles.
Rivet, boulon, vis : la grille de décision par critère
Le premier tableau compare les trois familles sur les critères qui orientent vraiment une décision en atelier ou en bureau d'études. Les cases donnent un niveau relatif, pas une valeur de calcul : le dimensionnement reste celui de l'Eurocode et des données du fabricant.
| Critère | Rivet | Boulon | Vis |
|---|---|---|---|
| Démontage | Destruction du rivet | Clé, autant de fois que voulu | Tournevis ou clé, filet fragile à la longue |
| Accès aux faces | Une face (rivet aveugle) ou deux (rivet plein) | Deux faces | Une face |
| Tôles minces | Très adapté | Risque d'ovalisation du trou | Adapté avec autotaraudeuse ou insert |
| Charge en traction | Faible | Élevée | Limitée par le filet dans la matière |
| Tenue aux vibrations | Excellente, rien ne se dévisse | Bonne si précontraint ou freiné | Faible sans frein filet |
| Cadence de pose | Montage rapide en série | Plus lente, deux opérateurs parfois | Rapide |
| Contrôle après pose | Visuel, tête et plage de serrage | Couple ou tension vérifiable | Couple vérifiable |
| Coût unitaire relatif | Bas | Intermédiaire à plus élevé (classe HR) | Bas |
La lecture du tableau donne un verdict net. Si la pièce doit se démonter, ou si l'effort principal tire dans l'axe, le boulon s'impose. Si la tôle est fine, l'accès limité à une face, la cadence élevée ou la structure soumise à des vibrations permanentes, le rivet prend la main. La vis garde sa place pour les capots, les habillages et les pièces non porteuses.
Le besoin réel de la pièce guide la lecture de la grille. Un composant solide et épais, chargé en traction, appelle une vis et un écrou ; un composant léger en tôle, chargé en cisaillement, appelle un rivet. L'idéal, du point de vue de l'ingénieur, consiste à lister les contraintes de chaque connexion (charge, vibration, démontage, matériau, accès, cadence) avant de choisir, plutôt que de reconduire la fixation habituelle de l'atelier. La précision des perçages entre aussi en jeu : une connexion boulonnée en jeu normal tolère un léger décalage, une connexion rivetée exige un alignement serré entre les pièces.
Quand utiliser le rivetage ?
Le rivetage s'utilise d'abord sur les tôles minces et les corps creux, là où un boulon n'a ni la place ni la matière pour porter. Une carrosserie de remorque, un caisson de climatisation, une gaine de ventilation, un profilé fermé : derrière la tôle, la main ne passe pas, et seul le rivet aveugle s'installe d'un côté. Sur les profilés en aluminium extrudés, le rivet évite aussi la chaleur d'une soudure, qui déforme et affaiblit localement l'alliage.
L'aéronautique reste le grand domaine du rivet. Un fuselage d'avion assemble des milliers de rivets pleins sur des tôles d'aluminium, parce que la fixation ne se desserre jamais sous les vibrations et que le joint riveté répartit l'effort sur de nombreux points. La construction navale a longtemps riveté ses coques en acier avant de passer à la soudure, et les bateaux en aluminium restent souvent rivetés. Le ferroviaire, la carrosserie industrielle et l'électroménager complètent la liste des applications.
Le rivet trouve encore sa place pour l'assemblage de matériaux différents. Assembler un panneau composite sur un châssis en acier, une tôle d'acier inoxydable sur un support en aluminium, un matériau qui ne se soude pas sur un autre : le rivet ne demande ni chaleur ni compatibilité métallurgique. Il faut seulement choisir l'alliage du rivet pour limiter la corrosion entre deux métaux différents.
Rivet plein, rivet aveugle, rivet structurel : les familles à connaître
Chaque type de rivet répond à un cas d'usage précis, et le choix de la famille compte autant que la décision entre rivet et boulon. Le second tableau situe les quatre familles les plus courantes en atelier.
| Type de rivet | Pose | Usage typique |
|---|---|---|
| Rivet plein | Refoulement, accès aux deux faces | Aéronautique, ouvrages anciens, chaudronnerie |
| Rivet aveugle (rivet pop) | Une face, pince ou riveteuse | Tôlerie, gaines, habillages, corps creux |
| Rivet aveugle structurel | Une face, mandrin retenu dans le corps | Remorques, bennes, châssis, assemblages porteurs |
| Rivet tubulaire ou semi-tubulaire | Sertissage à la presse | Charnières, maroquinerie, petites pièces en série |
Le rivet aveugle étanche, à corps fermé, empêche l'eau et l'air de passer par le centre du rivet. L'écrou à sertir, cousin du rivet, crée un taraudage dans une tôle mince : il permet ensuite de visser une pièce démontable sur une tôle trop fine pour recevoir un filetage.
Quand le boulonnage s'impose dans une charpente
Le boulonnage s'impose dans la charpente métallique moderne, où presque tous les assemblages de chantier sont boulonnés. Les poutres et les poteaux arrivent de l'atelier avec leurs platines soudées et percées ; sur le site, l'équipe de montage les relie par des boulons. Cette organisation sépare la soudure, faite en atelier dans de bonnes conditions, et le montage, rapide et sans chaleur sur le chantier. Le rivet ne s'y prête plus : sa mise en œuvre à chaud demande une équipe spécialisée et un four, et sa version à froid ne convient pas aux gros diamètres de charpente.
Le boulon gagne aussi partout où l'ouvrage doit évoluer. Une ligne de production qu'on réorganise, un convoyeur qu'on déplace, un bâti de machine qu'on démonte pour la maintenance : le boulon permet de défaire et de refaire l'assemblage sans rien détruire. Les machines spéciales des lignes d'assemblage automatisées combinent souvent un bâti boulonné, pour la reconfiguration, et des sous-ensembles rivetés ou vissés.
Le boulonnage offre enfin une traçabilité que le rivet n'a pas. Un boulon précontraint s'installe avec une méthode de serrage définie (couple, méthode combinée, rondelle indicatrice de tension) et se vérifie après pose. Le contrôleur mesure le couple, repère les marques de rotation ou lit l'écrasement de la rondelle indicatrice. Pour un ouvrage soumis à une réception, cette vérification pèse lourd. Dans le cas d'un rivet, le contrôle reste visuel : forme de la tête, absence de jeu, plage de serrage respectée.
Le perçage d'un boulon suit des règles précises. L'EN 1090-2 fixe un jeu nominal entre la tige et le trou, de l'ordre de 2 mm pour les diamètres courants de charpente : un boulon M20 se loge dans un alésage de 22 mm en jeu normal. Ce jeu facilite le montage, mais il explique le glissement initial d'un assemblage non précontraint.
Rivetage à chaud ou à froid ?
Le rivetage à chaud consiste à porter le rivet au rouge dans un four, puis à former la seconde tête pendant que l'acier reste malléable. En refroidissant, la tige se rétracte et serre fortement les pièces : le rivet chaud travaille donc à la fois en cisaillement et en serrage. Cette technique a bâti les grands ouvrages métalliques du XIXe siècle. La tour Eiffel compte 2 500 000 rivets pour 18 038 pièces de fer puddlé, selon la société qui l'exploite, posés par des équipes de quatre ouvriers : un chauffeur, un teneur de tas, un riveur et un frappeur.
Le rivetage à froid domine aujourd'hui. Les rivets en aluminium, en cuivre ou en acier doux de petit diamètre se refoulent sans chauffage, à l'outil pneumatique, hydraulique ou à la presse. L'installation est plus rapide, plus sûre et plus régulière ; elle ne demande ni four ni équipe dédiée. Le rivetage à chaud survit dans la restauration du patrimoine, où l'on remplace un rivet ancien par une pièce de même nature pour respecter l'ouvrage, et dans quelques chaudronneries lourdes.
Quand un ouvrage riveté ancien demande une réparation, le remplacement d'un rivet par un boulon précontraint est courant, parce que le boulon HR reproduit le serrage du rivet chaud sans four ni équipe spécialisée. Le bureau d'études vérifie la compatibilité avec la conception d'origine, notamment la tenue à la fatigue et le diamètre du trou existant.
Comment réussir un rivetage ?
Un rivetage réussi commence par le choix du rivet, avant tout geste d'outil. Trois données se lisent sur l'emballage : le diamètre du corps, la longueur et la plage de serrage, c'est-à-dire l'épaisseur totale des pièces que le rivet sait assembler. Un rivet trop court ne forme pas sa tête ; un rivet trop long se plie ou laisse un bourrelet mal formé. On mesure donc l'épaisseur réelle du paquet de tôles, joint d'étanchéité compris.
Le perçage décide ensuite de la qualité du joint. Le trou d'un rivet aveugle se perce généralement un dixième de millimètre au-dessus du diamètre du rivet : 4,1 mm pour un rivet de 4 mm, 4,9 mm pour un rivet de 4,8 mm, selon les tableaux des fabricants. Un alésage trop large laisse du jeu, un alésage trop serré empêche l'insertion ou fend le corps. On ébavure les deux faces et on maintient les tôles plaquées, par des pinces ou des broches, pour éviter qu'un copeau ou un écart ne reste entre elles.
La pose se fait perpendiculairement à la surface, l'outil bien en appui. Pour un rivet aveugle, on tire jusqu'à la rupture de la tige ; pour un rivet plein, on refoule jusqu'à obtenir une tête d'un diamètre et d'une hauteur conformes. L'espacement entre rivets et la distance au bord de la tôle suivent les règles de conception : trop près du bord, la tôle se déchire ; trop espacés, les tôles bâillent entre deux rivets.
Quels outils pour le rivetage ?
Les outils de rivetage vont de la pince manuelle à la ligne automatisée. La pince à riveter, à levier simple ou à bras longs, suffit pour quelques dizaines de rivets aveugles en maintenance. L'outil sur batterie ou pneumatique prend le relais en atelier, avec une cadence et un effort constants. Les rivets pleins demandent un marteau à riveter, un tas (la contre-bouterolle tenue derrière la pièce) et une bouterolle qui donne sa forme à la tête. En série, la machine orbitale ou radiale forme la tête par roulage, sans choc, et les cellules robotisées posent les rivets aveugles sur les lignes de carrosserie.
Un perçage précis vaut autant qu'un bon outil de pose. En production, l'usinage des alésages se fait souvent en même temps que la découpe, par poinçonnage ou par usinage CNC, ce qui garantit l'alignement des alésages entre les pièces. La presse plieuse intervient avant le rivetage sur les pièces de tôlerie, pour former les bords tombés qui recevront les rivets.
En maintenance, l'équipement se limite souvent à une perceuse, un foret calibré et une pince : ce matériel s'utilise partout, sans air comprimé. Le processus inverse l'inconvénient principal du rivet, sa permanence, en atout de durabilité : une fois formé, le rivet ne bouge plus sous la pression ni sous les chocs.
Les pièges propres à chaque option
Les limites de chaque fixation se découvrent souvent après la mise en service, quand l'assemblage vieillit sous les charges et les intempéries. Connaître ces pièges à la conception évite une reprise coûteuse sur l'ouvrage.
Côté rivet : démontage, traction et corrosion
Le rivet ne pardonne pas l'erreur d'installation : un rivet mal formé se perce et se remplace, il ne se resserre pas. Le démontage d'un assemblage riveté pour maintenance détruit chaque rivet et peut agrandir les trous. Le rivet tient mal la traction axiale, et un rivet aveugle classique, à mandrin éjecté, laisse un corps creux moins résistant qu'un rivet plein de même diamètre. Le dernier piège touche la corrosion : un rivet en aluminium sur de l'acier inoxydable, en milieu humide ou salin, crée un couple galvanique qui ronge le rivet. On choisit alors un rivet inox sur inox, ou on isole les métaux.
Côté boulon : desserrage, serrage et surveillance
Le boulon ordinaire se desserre sous les vibrations répétées, surtout s'il n'est ni précontraint ni freiné. Les parades existent : écrou autofreiné, rondelle de blocage adaptée, frein filet, contre-écrou, ou précontrainte contrôlée. Un boulon HR mal serré perd l'avantage du frottement et retombe dans un fonctionnement en cisaillement avec glissement. Le boulonnage demande aussi une surveillance dans le temps : contrôle périodique du serrage sur les ouvrages exposés, vérification de la corrosion des filets. La protection anticorrosion de la boulonnerie se choisit avec celle de la structure, et la galvanisation à chaud de l'acier s'applique aussi aux boulons de charpente.
Le boulon à sertir, un compromis entre les deux mondes
Le boulon à sertir, souvent désigné par son nom anglais lockbolt, emprunte au rivet et au boulon. Sa tige porte des gorges annulaires au lieu d'un filetage ; l'outil tire la tige et sertit une bague, le collet, dans ces gorges. Le résultat ressemble à un boulon précontraint : la force de serrage est élevée et régulière, déterminée par l'outil plutôt que par l'opérateur. Comme un rivet, il ne se desserre pas sous les vibrations, puisqu'aucun filet ne peut tourner.
Cette fixation équipe les wagons, les châssis de poids lourds, les remorques, les structures de panneaux solaires et certaines charpentes légères. Elle répond au cas où le rivet manque de serrage et où le boulon craint les vibrations. Le démontage reste possible en coupant le collet, ce qui détruit la fixation mais épargne les pièces. Pour un bureau d'études en recherche de la fixation idéale sur une structure vibrante, le boulon à sertir mérite une ligne dans l'analyse des options.
Soudure, vis et collage : quand sortir du duel
La soudure reste la troisième voie de l'assemblage métallique, et souvent la première en atelier. Elle crée un assemblage monolithique, étanche, sans perçage, et sans fixation à acheter. Elle demande en revanche un soudeur qualifié, chauffe le matériau et le déforme, et ne s'applique pas à tous les couples de métaux. Sur l'inox et l'aluminium, le procédé compte : le choix du soudage TIG ou MIG sur inox change la qualité du cordon et la cadence. La soudure et le boulon cohabitent dans la plupart des charpentes : soudure en atelier, boulon au montage.
La vis s'utilise pour les pièces non porteuses ou faiblement chargées : capots, carters, habillages, panneaux d'accès. La vis autoperceuse, qui perce et taraude en une seule opération, domine la fixation des bardages et couvertures sur charpente. Le collage structural progresse dans l'automobile et le ferroviaire, souvent associé au rivet : la colle répartit l'effort et assure l'étanchéité, le rivet maintient les pièces pendant la prise et reprend les efforts de pelage.
Le matériau oriente lui aussi la fixation. Un matériau composite supporte mal la chaleur du soudage et l'usinage répété ; un matériau tendre comme l'aluminium accepte la vis autotaraudeuse mais en use vite le filet au démontage ; un acier épais reçoit sans difficulté une vis de forte section. Les services de recherche des constructeurs aéronautiques et automobiles travaillent sur des composants multimatériaux, et la fixation idéale y combine souvent rivet, vis et colle selon la zone. Vue sous cet angle, la question n'oppose plus deux techniques : elle répartit chaque connexion vers la solution la plus solide pour son besoin.
Le panorama complet tient donc en cinq solutions de fixation, chacune avec ses applications. Le rivet pour la tôle et la vibration, le boulon pour la charpente et le démontage, le boulon à sertir pour le serrage sans desserrage, la soudure pour l'assemblage monolithique en atelier, la vis et la colle pour les pièces légères et les matériaux sensibles à la chaleur. La recherche du bon assemblage part toujours de la pièce, de ses efforts et de sa vie future, jamais de l'outil disponible à l'atelier.
Rivets et boulons en réparation, sur inox et face aux vibrations
Peut-on remplacer un rivet par un boulon lors d'une réparation ?
Le remplacement d'un rivet par un boulon se pratique couramment sur les ouvrages anciens, avec un boulon précontraint qui reproduit le serrage du rivet chaud. Le bureau d'études vérifie le diamètre du trou existant, la tenue à la fatigue et la compatibilité avec le reste de l'assemblage avant de valider la substitution.
Un rivet en aluminium tient-il sur de l'acier inoxydable ?
Un rivet en aluminium posé sur de l'acier inoxydable risque la corrosion galvanique dès que l'humidité ou le sel s'en mêlent. Sur l'inox, on pose un rivet inox ; si le mélange de métaux est inévitable, on isole les surfaces par un joint ou un revêtement.
Comment démonter un assemblage riveté ?
Le démontage d'un assemblage riveté passe par le perçage de la tête du rivet avec un foret de même diamètre que le corps, puis par l'extraction du reste au chasse-goupille. Un perçage décentré agrandit le trou et oblige à passer au diamètre supérieur au remontage.
Quelle méthode de fixation choisir sur une structure qui vibre ?
Sur une structure soumise à des vibrations permanentes, le rivet, le boulon à sertir et le boulon précontraint offrent la meilleure tenue. Le boulon ordinaire sans frein se desserre avec le temps et demande une surveillance régulière du serrage.




