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Journal de la Production

TIG ou MIG sur l'inox : comparer les deux procédés de soudure

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TIG ou MIG sur l'inox : comparer les deux procédés de soudure

Pour le soudage TIG ou MIG de l'inox, le verdict tient en deux cas : le TIG pour les pièces fines et visibles, où la qualité de la soudure prime ; le MIG pour le métal épais et la série. L'électrode, le gaz et la vitesse font la différence entre les deux procédés.

TIG, procédé 141 : électrode de tungstène non fusible, métal d'apport ajouté à la main, cordon propre et précis, vitesse lente.

MIG, procédé 131 : fil électrode fusible déroulé en continu par la torche, dépôt rapide, projections à maîtriser sur l'acier inoxydable.

Ce qui sépare le soudage TIG du soudage MIG

Le soudage TIG et le soudage MIG reposent tous deux sur un arc électrique protégé par un gaz, mais ils ne traitent pas l'électrode de la même façon. En TIG (Tungsten Inert Gas, que l'anglais nomme aussi Gas Tungsten Arc Welding), l'arc jaillit entre une électrode en tungstène qui ne fond pas et la pièce. Le soudeur tient la torche d'une main et ajoute la baguette de métal d'apport de l'autre, quand il le juge utile : sur un bord tombé fin, il soude parfois sans apport.

En MIG (Metal Inert Gas), l'électrode et le métal d'apport ne font qu'un : un fil fusible sort de la torche, poussé par un dévidoir, et fond dans le bain de fusion. Le soudeur règle la tension et la vitesse de fil sur le poste, puis il avance. Cette différence de principe explique presque tout le reste : le TIG laisse un contrôle fin de la chaleur et du dépôt, le MIG dépose beaucoup de métal en peu de temps.

La norme ISO 4063 numérote ces techniques : 141 pour le TIG, 131 pour le MIG, 135 pour le MAG (gaz actif) et 111 pour le soudage MMA à l'électrode enrobée. Ces numéros figurent sur les descriptifs de mode opératoire (DMOS) et sur les certificats de qualification des soudeurs selon l'ISO 9606-1 ; un atelier qui répond à un devis industriel les retrouve dans le cahier des charges.

Quels métaux et quelles applications pour chaque procédé ?

Le TIG et le MIG couvrent une large gamme de métaux, mais leur utilisation varie selon le matériau et l'application visée. Le TIG soude presque tous les matériaux métalliques usuels : aciers inoxydables, aciers au carbone, alliages de cuivre, titane, nickel. Il existe peu de métaux qu'il ne sait pas assembler, d'où sa polyvalence en atelier de réparation. Le MIG, plus populaire dans l'industrie de grande série, travaille surtout l'acier, l'inox et les alliages légers, avec une haute efficacité de dépôt.

Les principaux secteurs se répartissent nettement. L'industrie automobile et la construction métallique emploient massivement le MIG et le MAG robotisés sur leurs lignes de production ; la pharmacie, l'agroalimentaire et l'aéronautique réservent le TIG aux travaux où la qualité du produit fini dépend de l'état de surface. Pour les travaux de tuyauterie haute pureté, le TIG orbital reste la solution idéale. En France, les sous-traitants de chaudronnerie industrielle proposent généralement les deux procédés, et leur service méthodes tranche au cas par cas.

Comparaison critère par critère sur l'inox

La comparaison du soudage TIG et MIG sur l'acier inoxydable se lit mieux quand on isole les critères qui décident vraiment du choix en atelier. Le tableau compare les deux procédés sur ces points, pour des nuances austénitiques courantes comme le 304L et le 316L.

CritèreTIG (141)MIG (131)
Épaisseur favorableTôles fines et tubes, de quelques dixièmes à environ 3 mmAu-delà de 2 à 3 mm, profilés et tôles épaisses
Vitesse de soudageLenteRapide, adaptée à la série
Aspect du cordonFin, régulier, sans projectionsPlus large, projections possibles hors mode pulsé
Gaz de protectionArgon pur le plus souventArgon avec un faible ajout de CO2 ou d'oxygène
ApprentissageLong, coordination des deux mains et de la pédalePlus court, geste proche du semi-automatique
Reprise après soudureFaible : décapage des colorationsMeulage ou brossage des projections, puis décapage
RobotisationPossible, surtout en orbital sur tubeTrès répandue sur les lignes de production

Aucun critère ne gagne seul : une cuve en 316L de 4 mm destinée à l'agroalimentaire combine épaisseur moyenne et exigence d'hygiène, et beaucoup d'ateliers la soudent en MIG pour le remplissage puis en TIG pour la passe visible.

Le TIG, pour la précision et l'esthétique

Le soudage TIG s'impose sur l'inox dès que la soudure reste visible ou que la pièce est mince. L'arc concentré chauffe une zone de soudure étroite, ce qui limite la déformation des tôles fines et la coloration autour du cordon. Le soudeur dose l'apport goutte par goutte : sur un garde-corps, un plan de travail de cuisine professionnelle ou une tuyauterie sanitaire, le résultat se passe presque de reprise.

Cette précision a un prix en temps. Le TIG dépose peu de métal par minute, et chaque reprise de cordon demande de l'attention. Les industries qui l'utilisent le plus sont celles où une soudure ratée coûte plus cher que le temps passé : pharmacie, agroalimentaire, aéronautique, chaudronnerie fine, construction de pièces pour l'automobile de compétition. Pour obtenir une soudure de haute qualité sur un produit exposé, l'expertise du soudeur pèse autant que le poste : une compétence spécifique, longue à acquérir.

Le tungstène et le réglage du courant

Sur l'acier inoxydable, le poste TIG travaille en courant continu, électrode au pôle négatif. L'électrode de tungstène se choisit avec un dopage adapté (lanthane ou cérium plutôt que thorium, abandonné par beaucoup d'ateliers pour des raisons de radioactivité) et s'affûte en pointe. Le courant alternatif ne sert qu'à l'aluminium, dont la couche d'oxyde doit être brisée par l'arc.

Le MIG, pour la productivité sur métal épais

Le soudage MIG prend l'avantage sur l'inox dès que les cordons s'allongent et que l'épaisseur grimpe. Le fil électrode fond en continu, le soudeur ne s'arrête que pour changer de position, et la vitesse de soudage dépasse nettement celle du TIG. Sur des châssis de machines, des structures en profilés ou des pièces de série, le gain de temps pèse lourd dans le prix de revient.

Le procédé MIG demande en revanche plus de soin pour rester propre sur l'inox. Les projections collent à la surface et devront être meulées ; un réglage trop chaud colore largement le métal. Les postes modernes en mode pulsé réduisent fortement ces défauts : le courant alterne des pics et des creux qui détachent une goutte de fil à chaque impulsion, avec moins d'énergie déposée. La plupart des constructeurs proposent aujourd'hui cette offre sur leurs postes inox. Sur une ligne de production, l'efficacité du MIG robotisé permet d'obtenir une qualité constante d'un assemblage à l'autre, ce qui explique sa place dans le processus de fabrication des produits métalliques en série.

MIG ou MAG : le gaz sur l'inox

Le soudage MIG MAG désigne la même technique avec deux familles de gaz. Le MIG utilise un gaz inerte (argon, parfois mélangé à l'hélium) ; le MAG ajoute un gaz actif comme le dioxyde de carbone. Sur l'inox, le mélange courant contient de l'argon avec environ 2 % de CO2 ou d'oxygène, qui stabilise l'arc : il relève donc, à la lettre, du MAG, même si l'atelier parle de « MIG inox ». Les gaziers comme Air Liquide ou Linde publient le détail de leurs mélanges pour chaque matériau.

Quel procédé selon le profil de l'atelier ?

Le choix entre soudage TIG et MIG dépend moins de la machine que du travail confié à l'atelier. Trois profils reviennent souvent.

  • Atelier de chaudronnerie fine ou de tuyauterie inox : le TIG reste le procédé de base, complété par du soudage orbital sur les tubes répétitifs.
  • Atelier de mécano-soudure et de structures : le MIG pulsé couvre l'essentiel des assemblages, le TIG sert aux reprises et aux pièces fines.
  • Atelier de maintenance polyvalent : pour des travaux de réparation variés, un poste multiprocédé (TIG, MIG, MMA) évite d'acheter deux machines, au prix de performances moyennes sur chaque technique.

Le gabarit des pièces compte aussi : une table de soudage plane et un établi robuste et bien positionné facilitent le TIG, qui exige une main posée. Pour des tôles déjà mises en forme par la découpe laser de précision, les bords nets et réguliers rendent l'accostage plus facile et le cordon plus constant, en TIG comme en MIG.

Les pièges du soudage de l'inox, quel que soit le procédé

L'inox perd sa résistance à la corrosion si la soudure est mal protégée, en TIG comme en MIG. Le chrome du métal forme en surface une couche passive ; la chaleur l'altère et fait apparaître des colorations (jaune paille, bleu, gris) qui signalent une oxydation. Plus la teinte est sombre, plus la zone devient vulnérable.

  • Protection envers : sur un tube ou un cordon traversant, le côté opposé de la soudure s'oxyde sans gaz de protection ; l'inertage à l'argon de l'intérieur du tube évite ce défaut, appelé sucrage.
  • Contamination par l'acier carbone : une brosse ou un disque déjà utilisé sur de l'acier ordinaire dépose des particules de fer qui rouillent ensuite ; l'outillage dédié à l'inox se repère par une couleur.
  • Apport de chaleur excessif : une vitesse trop lente ou un courant trop fort déforme la pièce et favorise la corrosion intergranulaire sur les nuances non stabilisées.
  • Décapage et passivation oubliés : après soudage, un décapage chimique ou électrolytique restaure la couche passive ; sans lui, le plus beau cordon finit par marquer.

Le contrôle des soudures se fait d'abord à l'œil, puis par ressuage pour détecter les fissures débouchantes sur les pièces exigeantes. Les secteurs réglementés (appareils à pression, nucléaire, aéronautique) ajoutent des contrôles radiographiques et un suivi documentaire complet.

Coût et organisation : ce qui pèse dans un devis

Le coût d'une soudure dépend surtout de la main-d'œuvre, bien plus que du gaz ou du consommable. Le TIG, plus lent, mobilise davantage le soudeur pour un même mètre de cordon ; le MIG dépose plus vite mais génère souvent un temps de reprise (meulage, brossage) qui réduit l'écart. Un sous-traitant qui établit un devis regarde donc la longueur de cordon, l'épaisseur, la position de soudage, le niveau d'aspect exigé et la quantité de pièces.

Les consommables pèsent peu, sans être négligeables : buses, tubes contact, électrodes de tungstène, gaines. Le TIG use peu de consommables par mètre de soudure ; le MIG consomme davantage de buses et de tubes contact, encrassés par les projections. Un atelier qui veut choisir entre les deux types de postes compare également la gamme de consommables disponible chez son fournisseur et le service après-vente du constructeur.

Prenons un exemple : une série de cinquante supports en inox de 6 mm, cachés dans un bâti, se soude en MIG pulsé sans hésitation. Les mêmes supports en 1,5 mm sur une façade de vitrine réfrigérée passent en TIG, parce qu'une reprise au meulage sur une surface brossée laisse une trace visible. La matière et le métier du client tranchent, pas l'habitude du poste.

Côté équipement, un poste TIG continu suffit pour l'inox et l'acier ; un poste alternatif ajoute l'aluminium. Le MIG demande un dévidoir, des galets et une gaine adaptés au fil inox, plus une bouteille de gaz argon ou de mélange. Pour les pièces en alliages légers, comme les profilés aluminium sur mesure, la question du procédé se pose à nouveau, avec d'autres réglages.

Soudage TIG et MIG : épaisseurs, aluminium et débutants

Peut-on souder de l'inox fin en MIG ?

Oui, à condition de disposer d'un poste MIG pulsé et d'un fil fin (0,8 mm). Sous 1 mm, le risque de percer la tôle et de la déformer grimpe nettement, et le TIG reste la solution la plus sûre pour une pièce visible.

Le TIG convient-il à l'aluminium ?

Le TIG soude très bien l'aluminium, en courant alternatif sous argon pur. Le MIG aluminium se pratique aussi, avec un fil rigide et un dévidoir adapté, et reste plus rapide sur les fortes épaisseurs.

Quel procédé apprendre en premier en atelier ?

Le MIG s'apprend plus vite : le poste gère l'apport, le soudeur se concentre sur l'angle et l'avance de la torche. Le TIG demande plusieurs mois de pratique pour coordonner les deux mains, mais il forme mieux l'œil à la lecture du bain de fusion.

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