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Journal de la Production

Qu’est-ce qu’un diagramme spaghetti ?

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Qu’est-ce qu’un diagramme spaghetti ?

Un diagramme spaghetti est une représentation graphique du flux physique de pièces ou de personnes dans un processus de production : on trace sur le plan d’un atelier chaque déplacement réellement effectué, et l’enchevêtrement des lignes obtenues, qui rappelle une assiette de spaghettis, révèle d’un coup d’œil les trajets redondants, les allers-retours et les croisements récurrents. C’est un outil simple de l’amélioration continue, utilisé pour réduire les déplacements inutiles et réorganiser un poste ou une ligne.

Le diagramme spaghetti, un outil de visualisation des flux

Le diagramme spaghetti permet d’analyser le chemin parcouru par chaque produit en production. Il montre aussi où certaines pièces rejoignent d’autres produits, par exemple lorsqu’un composant entre dans une chaîne de montage où un autre produit est fabriqué à partir de lui. Utilisé comme outil d’analyse, il aide à identifier les étapes en amont et en aval nécessaires à chaque élément du processus. Utilisé comme outil de visualisation, il montre comment les matières premières sont manipulées, transformées puis expédiées ; des flèches de couleur allant de la source de matière première jusqu’à la destination finale permettent de voir plus facilement quels articles demandent le plus d’attention à chaque moment du traitement et de l’expédition.

Lien avec le lean et la chasse aux gaspillages

Dans la démarche lean, issue du système de production de Toyota, le transport des produits et les mouvements inutiles des opérateurs font partie des gaspillages à éliminer : ils consomment du temps sans apporter de valeur au client. Le diagramme spaghetti rend ces gaspillages visibles. Une ligne qui traverse l’atelier plusieurs fois, un opérateur qui revient sans cesse vers la même armoire à outils ou un stock placé loin de son poste d’utilisation apparaissent immédiatement sur le tracé.

Comment réaliser un diagramme spaghetti pas à pas

  1. Choisir le sujet suivi : une pièce, un lot, un opérateur ou un document, sur un périmètre précis (un poste, une ligne, un entrepôt).
  2. Préparer un plan à l’échelle de la zone, avec les machines, les postes, les stocks et les allées.
  3. Observer sur le terrain et tracer chaque déplacement au fil de l’eau, sans reconstituer le parcours de mémoire.
  4. Mesurer les distances parcourues et compter les allers-retours, éventuellement en notant le temps passé.
  5. Analyser le tracé : zones de croisement, trajets répétés, détours imposés par l’implantation.
  6. Proposer une nouvelle implantation, rapprocher ce qui est utilisé ensemble, puis refaire un diagramme pour comparer avant et après.

Pour une application à l’organisation des flux à l’échelle d’une entreprise entière, voir notre article Diagramme de spaghetti pour la gestion de flux dans une entreprise.

Les domaines où l’on trace des diagrammes spaghetti

L’outil est né dans les ateliers de production, mais il s’applique partout où des personnes ou des objets se déplacent : transformation des aliments, chimie, pharmacie et biotechnologie, aéronautique, textile, automobile et fabrication de pièces automobiles. On l’emploie aussi en logistique pour optimiser les parcours de préparation de commandes, ainsi que dans les services, par exemple pour suivre le circuit d’un patient ou d’un dossier.

Diagramme spaghetti : réponses aux questions des équipes terrain

Quelle différence avec une cartographie des flux de valeur ?

La cartographie des flux de valeur (VSM) décrit l’enchaînement des étapes, des stocks et des informations sur l’ensemble d’un processus. Le diagramme spaghetti, lui, se concentre sur les déplacements physiques dans l’espace, sur un plan réel.

Faut-il un logiciel pour le réaliser ?

Non : un plan imprimé et un crayon suffisent pour une première analyse. Des outils numériques permettent ensuite de mesurer plus facilement les distances et de comparer plusieurs implantations.

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