Newsletter n°55 - Vu au Bourget
Vu au Bourget
Le Bourget, ce n’est pas seulement un meeting aérien incessant et une avalanche de contrats signés entre les avionneurs et leurs clients prestigieux. C’est aussi, et on l’oublie trop souvent, l’occasion de découvrir des technologies d’avant-garde. En voici quelques-unes, que vous livre Vincent Lebugle, Rédacteur-en-chef du Journal de la Production.
Cette nouvelle édition du salon aéronautique de Paris s’est ouvert le 20 juin avec son lot de nouveauté. Et quelles nouveautés ! A commencer par la présence, encore inédite, d’un avion… chinois. C’est encore une promesse, puisque c’est avec une maquette de son C 919, dont la commercialisation est annoncée pour 2016, que Comac est venu à Paris. Ce moyen courrier entrera en concurrence frontale avec l'Airbus A320 Néo (version re-motorisée économique de l'original), et le Boeing B737. Et cinq ans avant son envol, ce nouvel appareil a déjà un client. La compagnie de transport à bas coûts Ryanair a, en effet, annoncé au deuxième jour du salon, son intention d'assister le constructeur chinois dans ses développements, afin de disposer d'une version à son goût.
Les pièces de demain
Panneau de fuselage tout carbone, porte monobloc cousue… les pièces de demain sont là ! Au-delà de ces luttes concurrentielles, de belles réalisations étaient à découvrir sur ce salon, qui laisse une place importante aux équipementiers et aux sous-traitants qui feront les avions de demain. À ce titre, comment ne pas remarquer le foisonnement des pièces composites. Parmi les plus remarquables, un panneau de test pour le fuselage de l'A350 XWB, réalisé en Allemagne par le Composite Technology Center et une porte présentée par Latécoère. Cette dernière a été réalisée dans le cadre du projet Condor. Celui-ci fait l'objet d'un label attribué par le pôle de compétitivité Aerospace Vallée, et bénéficie d'un financement de la DGCIF. La caractéristique principale de cette porte est qu'elle est réalisée en une seule opération sans aucune phase de montage. Pour cela, la porte est construite en cousant les tissus de fibres de carbone secs aux formes requises. Cette préforme est ensuite placée dans un moule permettant d'infuser la résine selon la technique RTM (Resin Transfert Moulding). Maintenue sous pression dans le moule durant la phase de polymérisation, la pièce prend sa géométrie définitive. Les gains estimés sont loin d'être négligeables. En masse, ils sont de 10 à 20 % par rapport à une porte composite réalisée par rivetage de pièces élémentaires. En coût d'obtention, l'enjeu est de 10 à 15 %, quant à la réduction de temps d'assemblage, elle est dans une fourchette de 15 à 20 %.
Le Quadricoptère attaque !
Curiosité sur le salon, Parrot, dans le Hall 4, est venu présenter cette année son drone grand-public Quadricoptère en version « vol autonome ». Grâce à un dispositif de localisation embarqué et à une aire de vol dotée de balises, deux appareils de ce type exécutent sur son stand une chorégraphie aérienne sans aucune intervention humaine. Au programme, des changements de direction très rapide dans le cadre d’une simulation de combat et clou du spectacle, une impressionnante série de loopings.
L’avion solaire est là !
Lui aussi était attendu. Et le suspense sur sa venue a été ménagé jusqu’au bout. Son nom : Solar Impulse. Sa particularité : c’est un avion solaire. Pas de présentation en vol, pour cause de conditions météo trop mauvaises. Reste qu’il illustre assez bien les préoccupations énergétiques actuelles, avec la recherche de carburants alternatifs au pétrole, et qu’il nous fait rêver, comme au temps des pionniers de l’aviation.
