Newsletter N°15 - Vous avez dit voiture volante ?
Vous avez dit voiture volante ?
Alors que les constructeurs automobiles se focalisent sur des engins hybrides ou électriques roulants, Michel Aguilar, un ingénieur de l’Ensica désormais enseignant, travaille à l'étape d'après. Son projet baptisé PX 200 (pour Personal Xplorair 200 km/h) est une voiture... volante. Elle sera capable de décoller verticalement, monter à 3000 mètres d’altitude, voler pendant deux heures et demie à 200 km/h et atterrir, toujours verticalement.
Cet engin surprenant mise sur un phénomène aérodynamique très particulier baptisé « effet Coanda » selon lequel « tout flux d’air soufflé le long d’un profil à tendance à y rester collé et à le quitter en suivant son prolongement », explique l’ingénieur. Ainsi, en créant un déplacement d’air à l’aide d’un réacteur sur la partie supérieure d’un profil d’aile (en fait, l’Xplorair utilise deux profils placés devant et derrière deux moteurs), il est possible de générer une portance suffisante pour tenir l’engin en l’air, et en dirigeant le profil correctement, il devient également possible d’exercer la poussée vers l’avant pour voler, ou vers le haut, pour décoller verticalement.
Le PX 200 devrait mesurer 3,8 mètres de long, trois mètres de large et peser 300 kilogrammes pilote et carburant (70 kg) compris. Outre sa structure particulière d’avion aux ailes tronquées, l’Xplorair innove également par sa motorisation. Pour générer les flux d’air nécessaires, l’appareil utilisera un nouveau type de moteur : un statoréacteur à combustion isochores pulsée (breveté) baptisé thermo-réacteur par son inventeur. « C’est un statoréacteur couplé à un turbo à basse pression qui génère une combustion à volume constant. Cela autorisera des gains de consommation importants par rapport à des solutions traditionnelles et permettra d’utiliser des carburants « verts » tels que des huiles végétales », détaille Michel Aguilar.
Le PX200 a déjà décollé numériquement. Reste encore à mettre au point la motorisation de l’engin. Un point essentiel car « c’est le cœur du système », commente-t-il. Il faudra notamment travailler sur l’étanchéité de ce nouveau type de moteur. « Nous voulons présenter une maquette volante au salon du Bourget de 2011 », annonce Michel Aguilar.
