Newsletter N°13 - Vincent Schramm, directeur général du Symop
Vincent Schramm, directeur général du Symop
1/ En ce milieu d'année, comment se portent la machine-outil mondiale?
En 2008, la consommation apparente mondiale de machines-outils s'est établie à 80,68 milliards de dollars. La Chine est désormais bien accrochée à la première place avec 21% du total, devant l'Allemagne, avec 11% et le japon (9%).
La production mondiale a pour sa part atteint 81,54 milliards de dollars. L'Allemagne et le Japon se partagent la tête du classement avec chacun 18% du total, devant la Chine qui totalise 17% de la production mondiale.
La consommation a progressé de 5,8% et la production de 6,9% par rapport à 2007.
Notons que l'Europe représente presque 45% de la production mondiale en 2008.
2/ Qu'en est-il des Français ?
Avec 1,1 milliard d'euros, la consommation apparente de la France la place à la dixième place mondiale, avec 2% de la consommation totale. Côté production, elle est à la 11ème place mondiale avec également 2% du total. En 2008, la production a d'ailleurs augmenté de 4% à 872 millions d'euros. En revanche, les exports ont chuté de 8,7%, après une très bonne année 2007, tout comme les imports de machines.
Depuis le début de l'année, la situation s'est considérablement dégradée.
3/ quelles sont les prévisions pour l'année 2009 et plus tard? La reprise est-elle encore loin?
Depuis la rentrée 2008, le marché s'est retourné. Le volume des commandes a continué de décroître cette année. La chute est d'une ampleur inédite pour le secteur. Il est cependant important de souligner que la consommation et la production (dans des proportions moindres) de machines dans notre pays n'ont cessé d'augmenter depuis 2003. En outre, il s'agit d'un marché traditionnellement cyclique.
La situation est très détériorée dans l'automobile, qui représente environ un tiers de la consommation annuelle, et plus contrastée dans l'aéronautique. Dans ce domaine, il y a du grain à moudre, nous disent nos adhérents, les carnets de commandes des avionneurs étant bien garnis même si l'industrialisation des nouveaux modèles rencontre quelques difficultés. D'autres secteurs comme le médical, l'énergie et le ferroviaire se portent plutôt bien, mais ils ne représentent chacun que 1 à 2% de la consommation de machines en France. Plus généralement, nombre d'industriels ont reporté leurs décisions d'achat, plus par prudence que par disparition du besoin dans de nombreux de cas.
La tendance n'est naturellement pas bonne pour 2009 mais la reprise, ne serait-ce que technique, est en vue pour 2010. Le Cecimo, Comité européen des constructeurs de machines-outils, a mené une série d'études récemment qui tendent à le montrer.
Plus que jamais, il est important d'anticiper pour saisir les opportunités qui vont nécessairement se présenter pour ceux qui seront prêts.
La crise, c'est avant tout une période de changement, qui met à l'épreuve les capacités d'adaptation des organisations.
En 1929, les premières entreprises à flancher ont été celles qui n'avaient pas les reins solides. Mais il y a eu également une grosse vague de défaillances chez celles qui ne s'étaient pas préparées à la reprise d'activité. La sortie de la présente crise pourrait présenter certaines similitudes. D'où l'importance pour les industriels de se tenir prêts pour le redémarrage de la demande en investissant dans leur outil de production ou en préparant leurs projets dans ce domaine. Leur productivité et donc la compétitivité de leur offre en dépendra fortement.
Nous considérons ainsi que l'EMO de Milan arrivera à point nommé pour permettre aux investisseurs de découvrir toutes les solutions proposées pour plus d'automatisation, de flexibilité, de rapidité, de facilité d'utilisation, de précision et de contrôle de la production.
4/ La rentrée sera marquée par l'EMO de Milan. Comment cela se présente-t-il ?
L'EMO de Hanovre aura lieu du 5 au 10 octobre prochain. Et nous gageons que ce salon sera celui de la reprise. D'ailleurs, nos confrères italiens anticipent une inversion de tendance dès le troisième trimestre de cette année. N'oublions pas non plus que l'Europe consomme plus d'un tiers de la production mondiale chaque année. La demande y est encore importante et les utilisateurs de machines seront certainement intéressés à l'idée de retrouver sur un seul lieu l'ensemble de l'offre mondiale. Car l'EMO est un événement mondial. En outre, il bénéficiera cette année des nouvelles installations de la foire de Milan : un parc de 180000 mètres carrés.
Les organisateurs italiens ont trouvé une formule adéquate pour cette édition. Pour eux, l'acronyme EMO signifiera cette année « Excellent manufacturing opportunities », autrement dit des opportunités d'adopter des moyens de production d'excellence. Et pas question de s'adonner à la sinistrose. D'ailleurs, plus de 1250 exposants ont d'ores et déjà réservé leur stand (l'objectif est à 2000), pour un total de 100000 mètres carrés déjà réservés et l'exposition attend 200000 visiteurs.
5/ l'Italie constitue-t-elle toujours un débouché intéressant pour les Français?
Les machines-outils française et italiennes entretiennent depuis longtemps des liens étroits. L'Italie est notre deuxième fournisseur, derrière l'Allemagne, avec 17% des machines achetées. En 2008, 8,4% de sa production (5,35 milliards d'euros) étaient destinés à l'Hexagone. L'Italie est d'ailleurs le quatrième producteur mondial et le troisième en termes d'exportations et a connu un record l'an dernier à 3,2 milliards de dollars.
La botte est notre troisième client, avec 6% de nos exportations. L'Italie comme la France subit la crise. Sa consommation a régressé de 3,9%, à 3,6 milliards d'euros l'an dernier. Cependant, ses achats de matériels français ont malgré tout progressé de 9% l'an dernier. Ils sont d'ailleurs globalement en progression sur les 6 dernières années.
