Newsletter N°15 - Silicium nous était compté
Silicium nous était compté
L'idée était bonne. Le projet s'appelait SilPro, pour Silicium de Provence. Il s'agissait de recycler une usine d'Arkema en site de production de silicium raffiné et de production de panneaux photovoltaïques. Tout semblait concorder : le marché du photovoltaïque qui s'envolait, l'Etat prêt à soutenir cette filière jugée très porteuse, les installations d'Arkema à Peyruis capables de fournir le précieux chlorure d'hydrogène purifié nécessaire à la production de trois tonnes de silicium par an et la main d'œuvre qualifiée. Bref, tout était au mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Seulement voilà, la crise est passée par là, le marché du silicium était tellement porteur que les chinois en ont produit massivement, au point de casser les prix, et le projet Silpro, comme c'est souvent le cas dans l'hexagone, avançait petits, voire très petits pas, pour finalement capoter quand les industriels qui le portaient - le batave Econcern, EDF Energies Nouvelles, le Norvégien Norsun et le français Photon Power Technologies -, puis l'Américain First Solar, appelé à la rescousse, ont compris qu'ils se dirigeaient vers une solution carrément pas rentable. Le projet Silpro s'est arrêté et les salariés d'Arkema Saint-Auban restent sur le carreau.
Le silicium des futurs panneaux solaires français ne sera donc certainement pas « made in Provence », malgré les efforts des politiques locaux. Dommage. Ce n'est pas tout les matins que l'on passe à côté d'un marché d'avenir. Reste une lueur d'espoir... en Rhône-Alpes, déjà très impliquée dans l'optimisation des procédés de production de panneaux photovoltaïques - avec notamment le projet Photosil, porté par le CEA Liten et des partenaires industriels- où l'usine de production tant attendue pourrait finalement voir le jour. Mais doit-on encore y croire ?
Jean-Sébastien
