Newsletter N°29 - Produire en France, c’est encore possible !
Produire en France, c’est encore possible !
Vincent Lebugle, rédacteur en chef du Journal de la Production, s’est rendu sur le site français du spécialiste des pièces de fixation pour percer le mystère.
Comment fait Hellermann Tyton pour continuer à exploiter ses cinq usines en Europe, et notamment celle située à Trappes (Yvelines) près de Paris, qui réalisent près de 70 % de sa production annuelle de pièces de fixations en tous genres ? D’abord, " il est aussi rentable pour nous de produire en France que dans les pays à bas coût de main d'œuvre, car l'impact de celle-ci est minime sur notre produit », confie Jean-Baptiste Humann, le directeur général du site de Trappes. Mais surtout, « le cycle de production est en grande partie automatisé et nous avons une forte volonté pour continuer à investir dans la modernisation de l'outil de production », poursuit-t-il.
Maîtriser l’énergie
Forte de 90 personnes, l'entité française est aujourd'hui à la tête de 19 presses à injecter, affichant des puissances de 10 à 400 tonnes. Et dans l'atelier, une nouvelle race de presse est en train de supplanter les presses d'injection hydraulique : des presses électriques. L'intérêt est multiple. Pour commencer, les presses électriques ne consomment que lorsqu’elles produisent, alors que leurs homologues hydrauliques possèdent un groupe qui tourne de manière continue. Au delà du gain énergétique, les presses électriques offrent aussi, à puissance égale, une inertie mécanique moindre. « Cette caractéristique permet d'accroître sensiblement le nombre de pièces produites sur une période donnée », explique Jean-Baptiste Humann. A l'heure actuelle, trois machines de ce type ont été achetées, affichant respectivement une puissance de 50, 150 et 400 tonnes.
Automatiser toujours plus
Dispositif de tri et de comptage automatique sur une presse de 400 tonnes. Si l'énergie est aujourd'hui une préoccupation importante, ce n’est évidemment pas le seul facteur permettant d'expliquer la rentabilité d'une production hexagonale. Le point essentiel, c'est l'automatisation. Elle est parfois, mise au service des économies, à l'image des systèmes de recyclage automatique de la carotte de coulé à l'aide d'un robot cartésien, qui à chaque cycle, réintroduit cette dernière dans la machine.
Et ce n’est pas fini. Un programme de mise en place de système de contrôle, tri et comptage automatique des pièces bonnes sur chaque machine est actuellement à l'étude. "Seule la dernière presse électrique de 400 tonnes est aujourd'hui équipée de la sorte, mais face à l'intérêt élevé que représente ce type de solution, un programme d'investissement plus vaste est d'ores et déjà programmé sur 2010", conclut Jean-Baptiste Humann.
