Newsletter N°33 - L'industrie peut aider le foot
L'industrie peut aider le foot
Cela n’aura échappé à personne, les Français se sont faits particulièrement remarquer lors du premier tour de la coupe du monde de football. Pas de la meilleure manière, hélas.
Bon, on ne peut pas être bon tout le temps, mais je propose quelques idées pour faire décoller la compétitivité des Bleus à l’avenir. Après tout, on met bien en place quantité de solutions pour doper celle de nos entreprises, alors pourquoi ne pas les appliquer au foot ?
D’abord, je propose que Raymond Domenech dote son équipe d’un bon contrôle-commande et d’un bon bus de terrain comme on en a dans nos usines. Un système capable de transférer les informations efficacement du cerveau (lui) aux actionneurs (les joueurs), tout en évitant toute perte d’information, toute erreur d’interprétation et même tout détournement ou piratage… Cela éviterait peut-être, par exemple, que certains de ces actionneurs s’emballent tous seuls, cherchant à dribler toute l’équipe adverse sans faire une seule passe (on appelle cela une Riberite en informatique industrielle).
Ensuite, il devrait investir dans un dispositif de suivi fidèle de l’efficacité de ses fameux actionneurs, un superviseur en somme. Il a déjà fait un pas dans le bon sens en choisissant des équipements dotés de peu d’intelligence embarquée, sans doute pour éviter les pannes… mais cela ne suffit pas. Il lui faudrait un système de supervision qui lui indiquerait, en temps réel, le rendement de ses machines, pardon, de ses joueurs. Ainsi, il pourrait peut-être déceler un peu plus tôt les dérives dans ses automates, qui se mettent manifestement d’un coup à péter les plombs et à sortir sans préavis des informations incompréhensibles, du genre « fils de p…» etc. Un tel système permettrait également de retrouver rapidement le composant responsable de tout dysfonctionnement ou fuite d’information.
Au passage, on pourrait peut-être mettre à jour le système d’exploitation de ces mêmes automates. C’est quand même dommage que ceux-ci plantent à la veille d’un entraînement. En public en plus ! Je veux bien accorder un peu de crédit à l’effet démo, mais avouez que cela fait désordre.
Mais surtout, on voit bien que ce monsieur Domenech est tombé droit dans le piège classique de l’industriel qui veut se faire plaisir, mais mégote sur les services. Il a investi dans les meilleurs équipements du moment, mais n’a pas prêté suffisamment de soin à vérifier que ses machines hors de prix (et je ne vous parle pas des coûts d’exploitation de l’ensemble…) répondaient vraiment aux besoins de son entreprise. Là encore, c’est dommage, parce qu’avec l’aide de consultants spécialisés dans les équipements industriels et les automatismes, il aurait peut-être dimensionné une équipe un peu plus modeste, mais plus efficiente.
Au moins, on peut reconnaître un mérite au sélectionneur des Bleus : il a eu la délicatesse de ne pas les faire travailler plus de 35 heures dans la semaine. Bravo Raymond !
Bon ce n’est plus la peine de pleurer. Il faut agir. Moi, ce que je propose, c’est que Bercy labellise un pôle de compétitivité Industrie-foot. Avec un leitmotiv simple : appliquer au ballon rond les méthodes mises au point pour nos usines, qui comptent quand même parmi les plus productives du monde. Je suis sûr que vous pensez déjà à une foule de projets collaboratifs (c’est peut-être ce point là qu’il faudrait travailler en premier, d’ailleurs) qui aideraient le successeur de Raymond à mieux maîtriser son usine à buts.
Y a pas de raison que cela ne marche pas, après tout.
Jean-Sébastien
