Newsletter N°24 - Les industriels, ces aventuriers...
Les industriels, ces aventuriers...
En effet, si l'on en croit le Cerf (Créateurs d'emplois et de richesses de France), qui représente les PME et les TPE, « la France demeure le leader incontesté des pays de l'OCDE pour le nombre des faillites. Le taux de défaillances des entreprises atteint 1,8% contre 1,1% au Royaume-Uni, 1% en Allemagne, 0,9% au Japon ou encore 0,3% aux Etats-Unis ». Plusieurs initiatives ont été lancées par les gouvernements successifs depuis plusieurs années, mais rien n'y fait.
La faute à qui ? Au manque d'informations et d'aides aux patrons en difficulté, répond le Cerf, qui soutient des initiatives régionales pour pousser les chambres consulaires à traiter les soucis des PME avant l'arrivée devant le tribunal de commerce.
La faute aux banques aussi, dit le Cerf, qui a lancé une pétition « contre les abus bancaires ». Sur ce point, nos voisins vivent la même chose. Lors de la conférence annuelle de l'association des constructeurs de machines allemands, son président Martin Kapp déclarait : « il ne faut pas que la crise financière se traduise par un arrêt des crédits à un secteur qui ne connait pas une crise structurelle ». Et le président d'en appeler à un effort concerté des politiciens, des banquiers et des financiers pour remettre ce secteur sur les rails. La voix du bon sens...
Mais la faute vient aussi de l'industrie elle-même. En effet, dans ma grande candeur, je viens d'apprendre que certains clients de fournisseurs de biens d'équipements se permettent, non seulement de tirer les prix vers le bas, mais de continuer les négociations tout en maintenant une date de livraison ferme (autrement dit : dépêchez-vous d'accepter nos conditions ou vous ne finirez jamais à l'heure...) et, pire, d'imposer aux constructeurs des machines des clauses de récupération des acomptes versés ! Allez négocier avec un banquier dans des conditions pareilles !
« Personne n'a plus confiance en personne », me disait récemment un patron de boîte spécialisée dans l'automatisation. Comme à Koh-lanta finalement...
Moi, je ne suis ni devin ni économiste, mais je n'ai pas l'impression que c'est comme cela qu'on sortira de l'ornière.
Jean-Sébastien
