Newsletter N°35 - Jérôme Frantz, en tête à tête
Jérôme Frantz, en tête à tête
Vous avez un parcours atypique. Comment passe-t-on du droit au traitement de surface et aujourd'hui à la présidence de la FIM ?
Le choix du droit vient qu'étant jeune, je m'étais juré de ne pas mettre les pieds dans l'entreprise familiale. Mais c'était sans compter sur une autre promesse personnelle, qui était de changer de métier tous les dix ans. Alors le jour ou mon père a fait appel à moi au moment de moderniser l’outil de production, le sentiment d'avoir fait le tour dans mon métier de juriste, conjugué au risque de voir disparaître l'entreprise créée par mon grand-père, ont suffit pour me faire entrer dans le monde du traitement de surface.
Concernant mon implication au sein de la FIM, c'est Martine Clément qui en a été le déclencheur, en m’invitant lors de sa présidence à m’investir dans Groupement des Industriels Fournisseurs de l'Automobile (Gifa). J'en ai pris la vice-présidence puis la présidence.
Pour la présidence de la FIM, c’est mon désir de servir au mieux qui m’a poussé à accepter la mission qui m'est confiée. Il ne s'agit pas pour moi de satisfaire une ambition personnelle ou un plan de carrière ; ce sont d'autres chefs d'entreprises qui sont venus me chercher et j’ai accepté ce nouveau challenge.
Comment trouvez-vous la mécanique en arrivant à la tête de la FIM ?
Mon état d'esprit en arrivant à la tête de la FIM n'est pas de me poser des questions relatives à l'état dans lequel je trouve la fédération ou de savoir ce qui a été fait auparavant. J'en suis à me dire, en tant que chef d'entreprise, qu'il faut que cet outil fonctionne au service de nos entreprises. Dans cet esprit, la question à traiter est de savoir comment arriver à faire fonctionner tout cela, sans perdre de vue que nos organisations professionnelles sont là pour apporter des compétences, des services, une défense, etc. aux industriels. Ce débat dépasse largement le cadre de la FIM, car c'est l'ensemble de nos organisations professionnelles qui est concerné.
Quelle est l'urgence de votre mandat ?
Ma première mission consiste à recréer un affectio societatis entre les composantes de la FIM. Au fil du temps, la FIM est devenu une sorte de champignon sur l'arbre, plus gros que l'arbre. La crise a ensuite obligé ce "champignon" à se restreindre, mais dans la bagarre, on a oublié à quoi il servait. Il est donc indispensable de remettre les choses à plat et comprendre pourquoi on est là.
Le rôle de la fédération est aussi d’assumer des sujets transverses pour nos syndicats : l'international, le juridique, l'environnement, la défense des professions mécaniciennes et de l'industrie, la normalisation, la gestion des centres techniques… Tout ce qu'un syndicat ne peut pas faire seul de manière efficace. Il faut donc redonner à la FIM les moyens de redevenir la meilleure sur ce type de problématiques et d’offrir aux entreprises et aux syndicats des compétences uniques dans tous ces domaines.
En second lieu, il existe un certain nombre des compétences qui n'intéresse pas obligatoirement tous les syndicats mais qui sont très importantes pour les entreprises de certains secteurs. Il serait intéressant, dans de tels cas où des compétences existent dans plusieurs syndicats, de désigner le plus compétent et de le placer en responsabilité.
Pour moi, il s’agit d’un travail d'équipe. Les nominations que j'ai faites aux postes de vice-présidents vont dans ce sens. J'ai sélectionné des collaborateurs qui sont à la fois représentatifs de la diversité des adhérents de la FIM (grandes et petites entreprises, équipementiers et sous traitants…) et qui désirent en plus s'investir dans les actions à mener. C'est une posture que j'ai choisie est à laquelle je resterai fidèle.
