Newsletter N°61 - Interview : SKF développe le Manufacturing Excellence
Interview : SKF développe le Manufacturing Excellence
Vincent Lebugle: Depuis combien de temps l'entreprise est-elle entrée dans une démarche d'amélioration continue ?
Jean Tournoux, directeur général de SKF France : Le concept d'amélioration continue n'est pas récent chez nous, c'est sa généralisation à l'ensemble des 80 unités de production du groupe qui remonte pour sa part à trois ans environ, avec la mise en place du programme Manufacturing Excellence qui représente un véritable changement de mentalité.
V. L. : Comment est assuré le pilotage de la démarche ?
J. T. : Chaque site est responsable de la mise en place de son projet. Il dispose bien sûr d'une expertise au niveau du siège, mais il est indispensable que les opérateurs puissent s'approprier la démarche et la faire vivre dans le temps. Il est, en effet, facile de remplir des grands tableaux de suivi de la performance, mais pour que la démarche perdure dans le temps, il faut une forte implication des équipes, afin d'obtenir une évolution de l'état d'esprit, et en faire une véritable culture de l'entreprise. Le site de S2M, où nous sommes aujourd'hui, est un bon exemple. La mise en place a été décidée l'an dernier après un passage des équipes au sein de l'unité pilote de notre site de Saint-Cyr.
V. L. : Quel est de votre point de vue, le principal avantage de la mise en place du Manufacturing Excellence ?
J. T. : En production, dès que l'on cesse de raisonner en termes de coûts, on met en péril la pérennité de l'entreprise. Cela tient au fait que cet aspect est symptomatique de tout événement se déroulant au sein d'une unité. Tout peut être traduit en termes de coûts : une absence de fiabilité dans le processus industriel, c'est un coût, des achats mal programmés se traduisent par la même sanction, et il en va de même d'un excès de stock, ou encore d'une erreur de stock… Il est donc impératif de traduire tout dysfonctionnement sous cette forme et le Manufacturing Excellence entretient tous les acteurs dans un état de vigilance rendu indispensable par le besoin d'agilité que nous réclame la réduction des tailles de série.
V. L. : La démarche d'amélioration continue est-elle limitée à la production ?
J. T. : Non, ce que nous cherchons à faire, c’est d’étendre ce concept d’excellence industrielle à tous les services de l’entreprise. L’idée vient du constat de la présence de processus de type industriel, dans tous les autres services de l’entreprise. Par exemple, le processus de prise de commande est un processus répétitif et standard, et, à ce titre, sujet à amélioration. Ainsi, dans tous ces processus de l’entreprise, on doit développer les mêmes procédures qu’au sein de l’atelier. Ce n’est pas facile à réaliser, car nombre de processus administratifs sont informatisés, ce qui rend difficile la mise en évidence des dysfonctionnements. Pour autant, c’est par là que passe la performance de demain.
