Newsletter N°20 - Euromold récompense l'innovation
Euromold récompense l'innovation
La 16ème édition d'Euromold, salon dédié aux technologies de développement de produit et à la fabrication directe, vient de fermer ses portes à Francfort (Allemagne) sur un sentiment mitigé : "plombé" par la conjoncture, comme la plupart des salons du secteur industriel - l'événement affiche malgré tout un peu plus de 56000 visiteurs venus de 86 pays -, mais la technique était au rendez vous avec plusieurs premières mondiales à découvrir au fil des allées.
Comme chaque année, le salon a été le théâtre d'une compétition animée entre les entreprises candidates aux Awards 2009. À l'issue du concours, trois sociétés ont été récompensées.
Le trophée d'or est revenu à Oximatec, pour la mise au point d'une nouvelle céramique. Cette dernière permet de réaliser des inserts pouvant être moulé dans les pièces plastiques. La nouveauté semble tenir à la capacité de cette matière à avoir un comportement thermique et dilatatoire parfaitement compatible avec le cycle de moulage des plastiques. Les risques de déformation, de fissuration..., sont ainsi écartés.
Pièce marquée par le procédé du Fraunhofer
Le trophée d'argent est revenu à l'institut Fraunhofer ICT, pour une application de marquage sur pièces plastiques. Le principe est basé sur le transfert d'une empreinte en relief à l'échelle nanométrique au moyen d'une couche explosive sur la surface active de l'outil. L'impression d'une empreinte holographique au cœur de l'outil permet de réaliser un marquage lui aussi à l'échelle nanométrique sous la forme d'un hologramme, ce qui a pour effet de ne pas altérer la surface sur laquelle est appliquée l'identification. Cette caractéristique a l'avantage de fournir un plus grand nombre de surfaces pour l'implantation d'une marque anti-contrefaçon, les surfaces fonctionnelles pouvant également être utilisées à cet effet, car leur état de surface n'est pas altéré. Autre intérêt de cette technologie, les pièces sont identifiées directement à l'intérieur du moule pendant la coulée. Aucune opération ni manipulation supplémentaire n'est alors nécessaire pour protéger les pièces de la copie.
Le troisième trophée est échu à Agié Charmille pour sa nouvelle machine de gravure laser 5 axes. L'objectif de cette machine est de réaliser des textures complexes à la surface des empreintes de moules pour doter les pièces d'aspects choisis. La difficulté majeure de cette opération réside dans le fait qu'il est parfois impossible de travailler avec un faisceau normal à la surface. Il résulte donc de l'utilisation des moyens de gravure classique des discontinuités dans le motif qui doit être réalisé en plusieurs parties juxtaposées. C'est de cela que le laser 5 axes à tête piézoélectrique permet de s'affranchir.
La mise au point de cet équipement a été rendue possible par l'acquisition de la technologie par Agié Charmille. Elle est tombée dans l'escarcelle du groupe à la suite de la cessation d'activité d'AF Laser. Le constructeur suisse profite ainsi de cinq années de développements importants consacrés à la mise au point du logiciel, destiné à l'application des textures à la surface des pièces sans discontinuité de motif. Il ne restait plus qu'à l'intégrer à une base machine de type Micron pour répondre à cette demande du marché.
Moule gravé sur la machine d'Agie CharmilleLa continuité d'aspect est en effet un critère important pour nombre de moulistes qui voient dans cette caractéristique la possibilité d'imiter toutes sortes de matières, comme des peaux nobles (serpent, crocodile...), des essences de bois diverses, et même aujourd'hui, les tissus de fibres de carbone utilisés dans la production des pièces composites.
Vicent Lebugle, Rédacteur en Chef du Journal de la Production
