Newsletter N°7 - Euromold : des nouveautés aussi pour la production
Euromold : des nouveautés aussi pour la production
La quinzième édition du Salon Mondial du Moulage et de l'Outillage, se déroulait du 3 au 6 décembre 2008 au parc des expositions de Francfort. Un grand succès, malgré la crise, puisqu'elle a accueilli en trois jours pas moins de 58.842 visiteurs.
Les amateurs de machines de prototypage rapide, de scanners et de logiciels de reconstruction 3D y ont trouvé les nouveautés qu'ils attendaient, à commencer par les dernières et même prochaines machines de 3D systems, EOS, Objet Geometries etc. Par exemple, ils ont pu découvrir cette année la digitalis de Huntsmann, plus connu pour fournir de la matière première aux acteurs du prototypage rapide. Ce modèle grand format dévoilé sur le salon construit des pièces en Araldite insolée par lumière UV. Sur cette machine, pas de laser ni de système de réflexion de la lumière, mais près de 40000 « shutters », des mems (micro-electro mechanical system) qui agissent comme des diaphragmes pour laisser passer ou stopper le rayonnement UV apporté par deux lampes UV. Huntsmann parle de MicroLightSwitch (MLS, ou micro interrupteurs). L'ensemble de la surface du bain est donc irradié en même temps. La machine atteint ainsi une vitesse de production importante et peut produire des pièces d'une grande complexité. Les professionnels ne s'y sont pas trompés puisque la machine s'est vue décerner un Oscar (d'or) Euromold. Et cerise sur le gâteau, alors qu'il ne l'envisageait pas vraiment, Huntsmann a vendu le modèle exposé de sa machine sur le salon... à un Français.
la Digitalis de Huntsmann
Les machines d'usinages elles-mêmes étaient plutôt assez peu nombreuses. On notera cependant l'effort de Zimmermann, qui avait déplacé un de ses plus gros modèles de fraiseuses à portique. On notera également des choses à moitié inattendues, comme la fraiseuse de modèle de glaise de Wezel, plutôt porté sur la métrologie, ou le Robocut de Romer.
Pour autant, les professionnels plus intéressés par la production y ont également trouvé leur compte. EOS, présentait par exemple pour la première fois la EOS P800, une machine de frittage de polymères à haute température. Construite à partir de la P730, cette machine augmente la température de la poudre jusqu'à 385°C. Ceci lui permet notamment de fritter des pièces dans de nouveaux matériaux, dont le PEEK HP3, un polymère deux fois plus résistant que les matériaux classiques.
la P800 de EOS
Chez l'Allemand ConceptLaser, c'est la M1, une nouvelle machine de frittage de métal présentant un volume de travail de 250 millimètres au cube qui tenait la vedette. Particularité de le machine, sa stratégie de balayage laser particulière : « les autres vont d'un coté à l'autre en continu. Notre laser effectue des sauts sur la pièce. Cela y génère moins de contraintes thermiques », explique Stefan Richardt, project manager. Autre spécificité, la M1 utilise de la poudre employée en frittage classique, et non une version dédiée à la machine.
Sur son stand, où trônait un Rhinocéros aux cornes d'acier particulièrement impressionnant, le géant allemand Siemens démontrait comment un partenariat avec le constructeur de machines DMG et le fabricant d'outils Iscar peut aboutir à des solutions rapides et efficaces dans des secteurs donnés comme le médical.
Spécialisé dans les machines de fabrication de noyaux de fonderie en sable, Prometal dévoilait pour sa part deux nouveaux sables : l'oxyde d'aluminium, à la capacité calorifique intéressante pour ce type de produits, et le Zircone, lui aussi bénéficiant d'une capacité calorifique importante, mais deux fois plus lourds. Une qualité qui permet de limiter les phénomènes de prise de sable dans les fonderies. Mais surtout, ce matériau permet à Prometal de réaliser des pièces avec des toiles de 0,5 mm seulement.
noyaux en sable réalisés par Prometal
Dans les technologies d'acquisition, Breuckman présentait son scanner Smartscan HE. Un appareil plus rigide que le Smartcan classique, doté de deux caméras d'une résolution de 5 millions de pixels et qui bénéficie d'une régulation thermostatique du projecteur, afin d'optimiser la précision d'acquisition. Sa précision peut atteindre 8 microns pour des profondeurs de champ d'une dizaine de centimètres. Et pour traiter les informations rapidement, l'appareil de l'Allemand est associé à une version 64 bits d'Optocat, son logiciel d'acquisition. Sa table à deux axes en fait un outil particulièrement adapté au contrôle de pièces mécaniques moyennes.
Monsieur Breuckmann lui-même présetnant son dernier-né
Bon nombre d'exposants présentaient cette année des nouveautés destinées aux domaines médicaux et paramédicaux, à commencer par le dentaire. Des machines, des scanners, mais aussi des logiciels. Le français Sescoi, par exemple, dévoilait un logiciel destiné aux prothésistes dentaires qui font de l'usinage 5 axes sans être spécialistes. Son logiciel,qui intègre en réalité les capacités de WorkNC,est entièrement automatique : il récupère les fichiers STL, et calcule les parcours d'outils nécessaires à la réalisation des prothèses. L'utilisateur n'a simplement qu'à placer ses pièces sur le brut, afin d'économiser la matière.
En CFAO, enfin, Cimatron, qui partageait pour la première fois un stand avec Gibbs Cam, dévoilait la version e9 de son application de CFAO. Parmi les nouveautés de cette mouture, la récupération au sein de sa base de données des informations de production des produits (Product manufacturing informations, PMI) conçus dans Catia (et bientôt aussi dans solidworks), un module Molddesign plus facile à utiliser, des capacités plus poussées d'annotation et une fonction « on the fly template », qui permet de copier des éléments et les parcours d‘outils associés.
Enfin, OpenMind, un autre régional de l'étape, profitait du salon pour présenter la dernière version de son application, la 2009.1. Pour la petite histoire, cette dernière mouture aurait du s'appeler 10 mais a été débaptisée pour ne pas déplaire aux chinois, allergiques à ce nombre ! Parmi les nouveautés, on note une fonction « miroir », qui permet de dupliquer des parcours d'outils lorsque la pièce à réaliser présente des symétries -et toute modification de la partie copiée est répercutée automatiquement sur les autres - et une nouvelle base de données outils qui définit l'outil utilisé dans son intégralité (outil et porte-outil).
Bon, on ne peut pas terminer un compte-rendu d'Euromold sans montrer un exemple délirant de pièce réalisée par des technologies de prototypage rapide. En voici donc une, prise sur le stand d'un prestataire de services en protos rapides. Nous dirons que c'est un peu notre sapin de Noël à nous...

