Newsletter N°8 - Des sous pour l'auto. Oui, mais vite !
Des sous pour l'auto. Oui, mais vite !
Bonne nouvelle, ce sont entre 5 et 6 milliards d'euros qui devraient être débloqués par l'Etat pour soutenir les constructeurs et un Fonds de modernisation des équipementiers automobiles doté de 300 millions d'euros et dédié aux équipementiers stratégiques pour la filière automobile sera créé. Dernière bonne nouvelle, l'Etat est déterminé à ne mettre les entreprises sous perfusion qu'à condition qu'elles jouent le jeu en s'engageant sur des volumes de production en France... et sur l'instauration de meilleures relations vis-à-vis de la chaîne de sous-traitance.
A bien y réfléchir, ce n'est pas la première fois, loin s'en faut, que les sous-traitants de l'auto française tirent la sonnette d'alarme sur la pression des prix et sur l'allongement dramatique des délais de paiement. Et ce n'est pas non plus la première fois que l'Etat fait mine de les entendre. Mais cette fois, il faut faire vite, car nombreuses sont les entreprises de la chaîne, à commencer par les petites, celles qui paient toujours cash les serrages de vis des constructeurs, qui n'envisagent déjà plus de passer le mois de février dans ces conditions.
Ces mêmes petites entreprises profiteront-elles réellement des efforts de l'Etat ? Verront-elles la couleur de ces 6 milliards, ou même de ces 300 millions d'euros ? Elles peuvent, à raison, se poser la question.
L'urgence est d'autant plus forte que les sous-traitants ne sont pas les seuls à souffrir. Une production en panne, ce sont des projets qui s'arrêtent, et donc des commandes de machines qui disparaissent. Ce sont aussi des approvisionnements qui s'amenuisent en matières premières, mais aussi en fournitures de toutes sortes, à commencer par les outils. Déjà, certains grands fournisseurs serrent les boulons pour éviter le pire. Si la situation continue de se dégrader, c'est bien plus que la filière automobile qu'il faudra sauver.
Les modalités des aides consenties aux industriels devront être connues rapidement. Et n'oublier personne. Du moment qu'il ne faut pas payer pour voir ! Quant aux mauvaises manières des constructeurs vis-à-vis de leurs sous-traitants, Luc chatel a annoncé l'élaboration d'un code de bonnes pratiques en la matière. Souhaitons seulement qu'il soit suivi dans les faits...
Jean-Sébastien
