Newsletter N°26 - Construire une cuisine en 24 heures !
Construire une cuisine en 24 heures !
A Sélestat (Bas-Rhin), quand la Société ALsacienne de Meuble (Salm) - plus connue en France au travers de ses marques Cuisinella et Cuisine Schmidt - lance la production d'une cuisine en kit, pas question de trainer. « Il se passe seulement 24 heures entre la première opération de débit des pièces et le départ du kit de l'usine », explique Bernard Muller, directeur industriel du site. Au-delà de la performance, cela lui permet de réduire ses délais de livraison, sans multiplier les stocks intermédiaires et les encours de production. Le seul stock est constitué de panneaux dans les 33 coloris que compte la gamme.
Un process minuté
La première étape de l'élaboration des caissons consiste à scier l'ensemble des débits relatifs à la commande en minimisant les taux de chute. Cette contrainte implique que les pièces ne soient pas nécessairement produites dans l'ordre de leur besoin en montage. Toutes les coupes sont alors dirigées de manière automatique vers des râteliers d'attente « momentanée », qui permettent de les réintroduire ensuite dans l'ordre souhaité dans le flux de production.
Sur chaque découpe est apposée une étiquette à code à barre, véritable fiche d'identité personnelle de l'élément. Ainsi, avant d'avoir subi le moindre usinage, le débit devient une référence unique de la commande. Le système, qui a généré cette identification lors de la saisie de la commande, y associe automatiquement les ordres de fabrication, les gammes de production et les données numériques nécessaires à la fabrication de chaque pièce.
Les coupes ainsi préparées sont introduites sur la ligne d'usinage pour subir les opérations de rainurage, de perçage, de collage de chant... et même certaines opérations d'équipement comme la pose de tourillons ou de charnières. Elles sont, pour cela, acheminées de poste en poste par un tapis de convoyage automatique. Une fois l'ensemble des usinages réalisé, les pièces d'un même meuble ou d'une même affaire sont regroupées par chariot et contrôlées. C'est alors la première fois que les pièces sont « manipulées » par un opérateur.
Un flux sous contrôle
Chaque commande est traitée par un chariot préparé par un robot dans l'ordre de prise des pièces pour le montage.
Une fois contrôlé, le chariot rejoint une zone charnière dans l'organisation de la production : le « juke-box ». Dans cet immense stockage, toutes les pièces nécessaires à un jour de production (y compris les éléments provenant d'autres sites) sont entreposées au mieux des emplacements disponibles. A la sortie du juke-box, les pièces prêtes à être montées sont dirigées dans l'ordre des besoins vers la ligne de montage. Une bonne partie des opérations y est, là encore, automatisée ou assistée. La pose automatique de glissières, tourillons... permet de limiter les interventions humaines. Les éléments montés, ainsi que le reste des éléments utiles pour l'installation des cuisines en commande sont regroupés dans un dernier magasin de stockage automatique. En fin de chaîne, le camion est chargé dans l'ordre inverse des livraisons et contient la totalité des éléments nécessaires à tous les chantiers.
Un rodage inévitable
Cette usine flambant-neuve est encore en rodage et devrait monter en puissance progressivement. « La pleine capacité de production sera atteinte en 2011, précise Bernard Muller. D'ici là, le site qui compte actuellement 100 personnes, montera graduellement jusqu'à 200 employés ». Ça promet !
Pour en savoir plus, lisez le numéro 98 du Journal de la Production
